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04-02-2008 |
L'étude des finales est une partie très importante de la théorie des échecs.
Elle est indispensable à tout joueur souhaitant progresser.
Sans concurrencer les nombreux traités qui ont été publiés sur le sujet, je souhaite communiquer les bases indispensables, sans exhaustivité mais avec je l'espère le plus de clarté possible.
Par souci de simplification, les blancs seront en général considérés comme le camp attaquant, les noirs le camp défenseur.
Pour les débutants, nous rappellerons la notion de trait et celle de zugzwang.
Le trait :
Avoir le trait signifie que c’est à son tour de jouer. Les blancs ont le trait signifie que c’est aux blancs de jouer.
Le principe du zugzwang :
Aux échecs, on ne peut pas passer son tour !
Il arrive que dans certaines situations, un joueur n’ait que des coups perdants à jouer (alors qu’il ne serait pas perdant s’il pouvait ne pas jouer). On dit qu’il est en « zugzwang ». C’est un principe très fréquent en fin de partie.
Voici un exemple très simple :

Diagramme 1 : aux noirs de jouer.
1) … - Rh4 : seul coup jouable
2) Th6 mat
S’ils n’étaient pas été obligés de jouer, les blancs ne pourraient pas mater.
Ce principe peut se voir bien évidemment dans des positions plus compliquées : nous en verrons certaines plus loin.
De ce principe découle un autre principe : celui du coup d’attente. Celui-ci est un coup neutre mais qui permet de placer l’adversaire en situation de zugzwang.
Si nous revenons au diagramme précédent mais avec la tour en d1 et aux blancs de jouer, le coup Td6 est un coup d’attente.
Considérations générales sur les finales
Une erreur en finale est souvent plus grave qu’en début ou en milieu de partie. Un seul mauvais coup peu décider du sort de la partie.
Dans beaucoup de cas, il faut prendre son temps et savoir améliorer lentement la position.
Améliorer sa position, c’est diminuer ses propres faiblesses et essayer d’en créer chez l’adversaire, utiliser ses pièces de la façon la plus optimale possible.
L’étude théorique est sans doute plus importante pour les finales que pour les autres phases d’une partie. En effet elle permet d’éviter des calculs plusieurs coups à l’avance, qui serait d’ailleurs impossible à réaliser pour l’esprit humain.
Il faut donc raisonner en terme de schémas (Kotov, « Pensez comme un grand maitre »).
Considérations en fonction des pièces :
A) Le roi
Le roi joue un rôle capital en finale. Il a souvent un rôle important à jouer au centre. De là, il pourra pénétrer dans le camp adverse pour prendre les pions et permettre le passage et la promotion de ses propres pions.
Cette centralisation du roi est essentielle. Elle peut parfois se faire assez tôt, en prévision de la finale : cela permet de gagner du temps, car dans beaucoup de parties c’est une course de vitesse entre les deux rois.
Le déplacement du roi en diagonale est piégeant pour l’esprit humain.

Diagramme 2
La diagonale est matériellement plus longue que le côté du carré. Mais pour le roi, la longueur est la même : sept coups pour aller d’un coin à un autre de l’échiquier !
Cette notion est importante dans certaines finales : nous le verrons.
B) La dame
1) En raison de sa puissance, elle peut jouer un rôle très important en finale où son action n’est souvent plus entravée (moins de pièces)
2) En raison des échecs multiples qu’elle peut donner, elle peut permettre d’annuler par un échec perpétuel. Ceci est une ressource à laquelle penser lorsque la partie semble perdue.
3) Attaques multiples, échecs, menace de mat sont ses armes principales.
4) Le joueur qui a l’avantage matériel a intérêt à échanger les dames pour limiter les contre-attaques
C) La tour
1) La tour doit être utilisée en attaque plutôt qu’en défense. La tour est en général un mauvais bloqueur.
2) L’occupation de la septième rangée est importante, surtout si le roi adverse se trouve à proximité. De manière plus générale, la pénétration des tours dans le camp ennemi est important, les tours attaquant les pions latéralement et par derrière.
3) Pour soutenir l’avance d’un pion ou pour bloquer un pion adverse, la tour se trouve mieux placée derrière le pion. Mais attention il existe des exceptions !
4) La tour peut faire barrage au roi adverse, au contraire des pièces mineures isolées.
5) La valeur des pièces ne doit pas être forcément strict en fin de partie. Une tour pourra être échangée contre une pièce mineure si un avantage décisif est acquis (ouverture d’un passage pour le roi ou libération d’un pion en vue de sa promotion.
6) La tour peut mater seule avec l’aide de son roi, au contraire des pièces mineures.
D) Les pièces mineures (Fou et Cavalier)
1) En défense, le fou peut faire bloc avec un pion, les deux pièces se défendant mutuellement
2) Le joueur qui n’a plus qu’un fou a intérêt a disposer ses pions sur les cases de couleur opposée à celle du fou.
3) Le cavalier est redoutable en fin de partie pour ses fourchettes
4) Le cavalier préfère les positions fermées au contraire du fou qui préfère les positions ouvertes
5) Comme une pièce mineure seule ne peut pas mater, les pions peuvent devenir parfois plus importants. Tenir compte du sacrifice d’une pièce mineure contre un ou deux pions, ce qui peut permettre d’annuler. Le cavalier peut par exemple s’interposer dans la trajectoire d’un fou pour éviter l’échange de celui-ci avec un pion.
E) Les pions
Leur rôle devient essentiel en finale en raison de leur faculté de promotion. Plusieurs facteurs augmentent leur valeur :
- le pion passé, c'est-à-dire un pion qui ne peut plus être arrêté par un pion ennemi.
- le pion protégé par le roi ou une autre pièce
- la proximité de la case de promotion
- les pions liés qui peuvent se protéger mutuellement pour avancer
La structure de pions est très importante. Des pions doublés, des pions isolés, des pions arrièrés sont des faiblesses car difficiles à défendre.
La promotion d’un pion se fait le plus souvent en dame mais certaines situations particulières imposent une promotion en tour, cavalier ou fou.
Le pion situé sur la colonne « a » de même que celui situé sur la colonne « h » (pion de la tour) est inférieur aux autres car permet beaucoup plus de situations de nullité.
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Dernière mise à jour : ( 05-02-2008 )
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